Économie

Regideso : les compteurs, un casse-tête

08/08/2018 Parfait Gahama Commentaires fermés sur Regideso : les compteurs, un casse-tête
Regideso : les compteurs, un casse-tête
Faute de compteur, un manœuvre puise de l’eau dans un canal de la rivière Mutimbuzi.

Les habitants des quartiers périphériques de la capitale déplorent le manque de compteurs d’eau et d’électricité de la Regideso, depuis avril dernier. La direction de cette entreprise publique se veut rassurante.

Depuis avril dernier, les compteurs d’eau et d’électricité de la Regideso (Régie de production de l’eau et de l’électricité) ne sont pas disponibles dans les magasins. Officiellement, « il y a une rupture de stock. »
Les habitants des quartiers nouvellement construits en mairie de Bujumbura sont les premières victimes. Ils se disent abandonnés et font face au problème d’eau potable et d’électricité.

Térence Gahungu, habitant du quartier « Miroir », situé en zone Buterere, ne décolère pas. « La Regideso nous a trahis tout simplement. Ça fait plus de quatre mois que j’ai commandé et payé les frais pour avoir des compteurs d’eau et d’électricité. Mais jusqu’aujourd’hui, aucun de ces deux appareils n’est encore installé.»

La Regideso leur avait promis l’installation de ces compteurs au plus tard deux semaines après le paiement.
M. Gahungu est obligé d’acheter de l’eau à un voisin. Un bidon de 20 litres lui coûte 150 BIF. La même quantité vaut 4,34 BIF à la Régideso, soit une perte de 112,6 par bidon.

Avec une consommation mensuelle de six mille litres, il débourse au moins 45 mille BIF alors qu’il devrait payer seulement 1 300 BIF au prix de la Regideso.

D’après lui, ceux qui ont des moyens financiers limités utilisent tout simplement l’eau de la rivière Mutimbuzi.
Patrice Kayoya, un autre habitant du quartier « Miroir » abonde dans le même sens. « L’absence de compteurs de la Regideso nous prive de l’eau potable et l’électricité. Ce qui augmente les dépenses de consommation.» Il indique que sa facture d’eau a plus que triplé. Elle est passée de 15 mille BIF à 46 mille.

Pour l’éclairage, il utilise un panneau solaire. Mais l’intensité est très faible et ne fait qu’éclairer seulement la maison. Impossible d’alimenter des appareils électroménagers. Ceux qui n’utilisent pas cette énergie solaire se rabattent sur des bougies.

M. Kayoya dénonce par ailleurs l’attitude des responsables de la Regideso. « Elles n’ont jamais donné les vraies raisons du retard dans l’installation des compteurs.» D’après lui, ils leur disent de patienter, que l’installation des compteurs est proche… « La patience à des limites », lâche-t-il avec colère.

Les propriétaires des chantiers en colère

Sur les chantiers, la colère gronde. Serges Nzeyimana, propriétaire d’une maison en cours de construction dans le quartier « Miroir », n’y va pas par quatre chemins. « Nous avons un problème d’eau. Un bidon de vingt litres s’achète à 250 BIF alors qu’un mètre cube d’eau à la Regideso se vend seulement à 217 BIF.»

Chaque jour, explique-t-il, les consommations en eau sur son chantier atteignent quatre mille litres pour un coût estimé à 30 mille BIF. Avec la Regideso, le prix oscille autour de 900 BIF. Parfois, les ouvriers sont obligés d’utiliser l’eau de la rivière Mutimbuzi. Mais elle est mélangée avec de la boue. «Cela empêche un bon mélange du ciment et du gravier. »

M. Nzeyimana indique qu’il avait commandé un compteur d’eau et d’électricité fin mars dernier. Aujourd’hui, il a déboursé en plus de ses prévisions trois millions de BIF pour l’approvisionnement en eau seulement.

Jean Ndayizeye, habitant du quartier Gisandema, situé en zone Gihosha au nord de la capitale ne sait pas à quel saint se vouer. « Six mois viennent de s’écouler sans que j’aie mes compteurs d’eau et d’électricité. »
Il dénonce par ailleurs, « la discrimination » de la Regideso. Récemment, certaines personnalités auraient obtenu des compteurs d’eau et d’électricité.

Même constat au sud de la capitale

Léonie Hakizimana, habitante du quartier Nyabugete au sud de la capitale, déplore le retard de la Regideso dans l’installation des compteurs. Brandissant ses factures, elle indique qu’elle a payé les frais des compteurs d’eau et d’électricité, il y a cinq mois déjà. Elle se demande pourquoi la Regideso a accepté l’argent de ses clients alors qu’elle n’avait pas des compteurs dans ses magasins.

Mme Hakizimana s’étonne des explications fournies par la Regideso, à savoir « la rupture de stock des compteurs ». Pour lui, c’est de la mauvaise gestion. La Regideso devrait avoir un stock de sécurité. « Elle ne devrait pas attendre que ses stocks se vident pour effectuer de nouvelles commandes à l’étranger qui prennent en moyenne plus de quatre mois.»

Si la Regideso continue d’acheter ses équipements avec l’argent payé par ses clients, prévient-elle, il y aura toujours des retards dans l’approvionnement.

Cette quadragénaire témoigne que pour avoir de l’eau propre, certains habitants du quartier Nyabugete doivent parcourir au moins un kilomètre et demi. Elle dit que le coût d’un bidon varie entre 150 BIF et 250 BIF. Tout dépend de la distance et des relations entre l’acheteur et le vendeur. Faute de quoi, on recourt à l’eau du lac Tanganyika.

La Regideso tranquillise

Siméon Habonimana : «Les compteurs d’eau et d’électricité seront bientôt disponibles dans nos magasins. »

Siméon Habonimana, directeur général de la Regideso, tranquillise ses clients. « Les compteurs d’eau et d’électricité seront bientôt installés dans leurs ménages.»

Il explique ce retard par la rupture de stock des compteurs. La Regideso a été obligée d’importer d’autres compteurs. Actuellement, ils sont arrivés au port de Bujumbura. Dès que les procédures de dédouanement seront terminées, toute personne qui a sollicité un compteur sera servie le plus vite possible. « La Regideso ne peut pas arrêter la distribution des compteurs à ses clients. C’est dans notre intérêt !», martèle-t-il.
M. Habonimana réfute totalement les accusations de « discrimination entre ses clients ».

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