Société

Les Bashingantahe au service de la vérité et la réconciliation

12/10/2018 Egide Nikiza Commentaires fermés sur Les Bashingantahe au service de la vérité et la réconciliation
Les Bashingantahe au service de la vérité et la réconciliation
Les Bashingantahe en marche dans l’avenue de l’imprimerie.

Samedi 6 octobre, le Conseil national des Bashingantahe célèbre en mairie de Bujumbura la journée dédiée à l’Intahe. A cette occasion, huit couples sont investis.

Les cérémonies se déroulent dans la zone Bwiza de la commune Mukaza. Les Bashingantahe s’y sont donné rendez-vous. Ils viennent de toutes les zones de la ville de Bujumbura. Un bon nombre portent le costume traditionnel.

Après le rassemblement à l’avenue de  l’imprimerie, située au quartier de Jabe, ils effectuent une procession vers la salle ‘‘La Mecarde’’ qui va abriter les cérémonies.

Sur leur chemin, des gens sont rassemblés pour admirer les Bashingantahe qui marchent au rythme du tambour. Ils applaudissent, lancent des mots d’admiration.

Le défilé prend fin à la salle des fêtes prévue pour accueillir les cérémonies.  A l’entrée, une banderole mentionnant le thème du jour est accrochée sur le mur : «Bashingantahe, aidons les Burundais à se dire la vérité et à se pardonner mutuellement».

Des invités de marque continuent à arriver. Entre autres Gaston Sindimwo, premier vice-président de la République, et le Dr Yves Sahinguvu, son prédécesseur, lui aussi mushingantahe investi.

Dans son allocution, Cassien Simbare, président du conseil en mairie de Bujumbura, rappelle que l’institution des Bashingantahe est une culture que les Burundais doivent à leurs ancêtres. Ceux-ci s’en servaient pour affermir la cohésion sociale et une bonne cohabitation dans le pays.

Pour le mushingantahe Simbare, la perpétuation de cette culture vise à rappeler aux Burundais la clairvoyance et la sagesse qui caractérisaient les ancêtres. Il rappelle aux Bashingantahe dans leur ensemble de s’en approprier. Ainsi, le Burundi aura beaucoup d’hommes et femmes intègres. Il exhorte les Burundais à respecter et faire respecter cette culture qui continue d’affermir la cohésion sociale.

Satisfaction du premier vice-président de la  République

Il termine en soulignant que les Bashingantahe investis doivent faire preuve de comportements dignes d’un mushingantahe dans leurs milieux tel qu’ils viennent de l’exprimer dans leur serment.

Le mushingantahe Adrien Ntabona, doyen, insiste sur la nécessité de vulgariser les valeurs des Bashingantahe jusque dans les collines, les rues, etc. Pour rappel, les Bashingantahe tiennent aux valeurs entre autres la noblesse de cœur, l’intégrité, le sens de la justice, l’équité, le patriotisme.   Cependant, cette entreprise requiert beaucoup de moyens.

L’ambassadeur Balthazar Habonimana, président de ce conseil au niveau national, rappellera que les Bashingantahe n’ont d’autres objectifs que la consolidation de la paix, la sécurité et la réconciliation. «Etre umushingantahe ne signifie pas mettre le costume traditionnel, c’est plutôt veiller à la dignité et la quiétude». Il souligne que la pratique d’ukwatira (investir umushingantahe) remonte à la fondation de la monarchie du Burundi du temps du roi Ntare Rushatsi, vers la fin du 17ème siècle.

S’appuyant sur le thème du jour, il s’étonne que la CVR ne les ait pas approchés pour qu’ils témoignent sur les différentes crises du passé alors qu’ils en ont été des témoins privilégiés.

Le président du Conseil national des Bashingantahe remercie le premier vice-président de la République de sa présence : «Cela faisait un bail qu’une haute autorité ne participe dans de telles cérémonies».

Le premier vice-président de la République, Gaston Sindimwo, ne tarit pas d’éloges envers les Bashingantahe : «L’institution des Bashingantahe, c’est la tradition de nos ancêtres. Et celui qui abandonne la tradition perd son idéntité».

Pour lui, les Bashingantahe ont toujours contribué à sauvegarder l’unité et la cohésion des Burundais. Car, rappelle-t-il, le sens de la justice des Bashingantahe est différent de celui des tribunaux : «Il s’agit d’une justice restaurative et non punitive».

Parmi les couples investis, cinq sont de la zone Bwiza, deux de la zone Rohero et un de la zone Nyakabiga.

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