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Le calvaire des journalistes d’Iwacu

JOUR 21

12/11/2019 Abbas Mbazumutima Commentaires fermés sur Le calvaire des journalistes d’Iwacu : JOUR 21
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Par Abbas Mbazumutima

 

Rebondissement dans l’affaire des 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur incarcérés à Bubanza pour ’’complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

Ils ont comparu, à leur grande surprise, devant les juges de la Cour d’appel de Ntahangwa en itinérance à Bubanza. Ce 11 novembre 2019. C’est au 21ème jour de leur incarcération.

C’est à 14 heures qu’ils ont été informés par les responsables de la prison de Bubanza où ils sont incarcérés qu’ils doivent comparaître devant ces juges. Ces 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur ne s’y attendaient pas.

Le rendez-vous officiel connu du 18 novembre 2019 avait pourtant été fixé par la Cour d’appel de Ntahangwa. C’était au lendemain de l���appel contre l’ordonnance de leur maintien en détention préventive.

Un des avocats de ces 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur contacté affirme que la défense n’a pas du tout été informée de cette itinérance.

«Nos clients ont comparu dare-dare devant ces juges et ils ont bien expliqué à ces juges de la Cour d’appel de Ntahangwa qu’ils ne pouvaient pas répondre à leurs questions sans assistance», a-t-il confié après avoir rencontré ces 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur à la prison de Bubanza.

«Mais ces juges ont insisté arguant qu’ils ne sont pas sûrs du nouveau rendez pour qu’ils puissent les interroger. Ces juges ont signifié que cela pourrait être dans un mois ou deux parce qu’il y a un sérieux problème de transport de Bujumbura à Bubanza», a expliqué cet avocat.

Selon lui, ces 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur ont demandé à ces juges pourquoi ils n’ont pas informé leurs avocats de ce rendez-vous, mais ils n’ont pas eu de réponse satisfaisante.

«Ces juges ont continué à leur demander de répondre aux questions, mais nos clients leur ont rétorqué qu’ils ne pouvaient rien avancer sans avocat. Difficile de connaître l’intention derrière tout cela».

Cette séance n’a duré qu’une vingtaine de minutes. Ces juges sont repartis. Et les 4 journalistes du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur sont retournés sous escorte à la prison de Bubanza.

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot, jusqu'au samedi 26 octobre. Jusqu'alors, aucune charge n'était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : "complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat". Depuis l'arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes et leur chauffeur n'ont rien fait de plus que remplir leur mission d'informer. Des lecteurs et amis d'Iwacu ont lancé une pétition, réclamant également leur libération. Suite à une décision de la Cour d'appel de Bubanza, notre chauffeur Adolphe a retrouvé sa liberté. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d'Iwacu, celle de la disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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