Culture

La mode burundaise à l’heure de la créativité

01/08/2018 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur La mode burundaise à l’heure de la créativité
La mode burundaise à l’heure de la créativité
Des mannequins de l’agence Umuderi.

Naguère délaissée, la mode est en train de renaître à travers des stylistes et des agences de mannequinat. Zoom sur ces nouveaux jeunes talents.

Umuderi, Ikirezi, Taiga… De nouvelles agences de mannequinat et de mode s’imposent sur la scène nationale.

Depuis la crise de 2015, la mode était en mode silencieux. Les stylistes et agences de mode les plus en vue se sont éteints. La plupart évoluent aujourd’hui à l’étranger. Mais depuis plus d’un an, de nouveaux talents émergent.

Flambelle Mupfasoni, 18 ans, est une créatrice de mode qui s’impose, depuis peu, sur la scène nationale. Elle vient d’organiser un défilé de mode où elle a exhibé son style connu sous sa marque FLAB (Flamme Burundi). « Je veux faire de ma marque une flamme qui illuminera la mode burundaise. »
Son style, le « streetwear « (vêtements de rue), est apparu dans les années 1980.

Le déclic pour se lancer : un évènement de mode « réussi » qu’elle a organisé à son école, au Rwanda, alors qu’elle était en 9ème année. Après, elle a défilé dans un fashion show en Ouganda. « C’est là que j’ai remarqué mon potentiel. J’ai constaté que je suis capable de créer ma propre marque, dans mon propre pays. » C’est ainsi qu’elle a développé son style et créé sa marque qu’elle a lancé officiellement le 20 juillet dernier.

La renaissance du mannequinat

Umuderi est le résultat d’une dizaine de jeunes modèles indépendants qui se sont mis ensemble pour créer une agence de mannequinat. L’objectif était de sauver la mode burundaise qui était presque enterré depuis la crise de 2015, d’après Armel Ntsinzi, l’un des créateurs de l’agence Umuderi.

Sans aucun sponsor jusque-là, ces jeunes se débrouillent tant bien que mal pour atteindre leur objectif : organiser un grand évènement de mode pour montrer les performances des mannequins de cette agence. C’est le 17 août que le défilé se déroulera.

Umuderi compte aujourd’hui une trentaine de mannequins. 17 filles et 14 garçons âgés de 19 à 29 ans. Le principal critère : la taille d’1 m 75 pour les filles et 1 m 85 pour les garçons.

Taïga est une autre agence de mannequins qui a ouvert ses portes en 2015. Réunir des modèles talentueux autour d’un même but, c’est le rêve qui a poussé Noel Kana à créer le club. Pour lui, « Taïga » est une plante qui pousse sur un sol humide. « Le but était donc de faire de notre club le symbole de la renaissance de la mode jadis en berne. »

Taïga compte une vingtaine de mannequins. Le club a déjà organisé l’évènement « Taiga fashion week party ». Ses ambitions : créer des clubs de mannequinat dans les écoles, faire la vente en ligne de ses vêtements, organiser plus d’évènements de mode.

L’agence Ikirezi, agence Inyambo de Gitega… d’autres nouveaux clubs de mannequins.
Des défis communs pour toutes ces agences : manque de sponsors, absence de soutien moral, pas d’investisseur dans le domaine de la mode.


Ritha Marie-Ange, une étoile montante

Cette jeune styliste burundaise a été sélectionnée pour participer au « Mercedes Benz fashion week Accra », un évènement international de mode. La toute première fois pour le Burundi.

Ritha résolue à impressionner dans « Mercedes Benz fashion week Accra

A 16 ans, Ritha Marie-Ange Kundusenge est en train de marquer de son empreinte la mode burundaise. Elle est parmi les 40 stylistes, environ, provenant du monde entier, qui défilent dans « Mercedes Benz fashion week Accra », au Ghana (26-29 juillet), 6ème édition.

C’est contre toute attente que cette styliste affirme avoir été sélectionnée. Elle confie qu’elle ne remplissait pas toutes les conditions pour le profil requis. Pas de site web et son look book (livre de collections) n’était pas complet. « Mais ils m’ont choisi quand même», lance-t-elle, non sans fierté.
Pour elle, cet évènement présente de nombreux avantages : être connue sur la scène internationale de la mode, gagner d’autres expériences, rencontrer les stylistes importants, etc. Et qui sait ? Remporter le prix du meilleur styliste. Son mantra : ne pas se sous-estimer, s’essayer à tout et vouloir toujours apprendre.

Résolue à impressionner le public

Durant son défilé, Ritha compte définir les couleurs de son pays. « Il faut que le monde sache que le Burundi a des stylistes talentueux ».

Cette styliste vient de passer deux ans dans l’industrie de la mode. Patronne d’une maison de vêtements en pagne, son ambition est de créer exclusivement des robes de mariée.

Officiellement connu sous le nom de « Mercedes-Benz African Fashion Festival », cet évènement a pour but de donner aux stylistes une expérience globale de la mode. Les connecter avec les acheteurs et la presse au niveau mondial, d’après le directeur exécutif de l’entreprise ghanéenne, « Global ovations », qui organise l’évènement.

Ce festival de mode africaine est organisé dans six pays depuis 2014 : Ghana, Afrique du Sud, Etats-Unis, Australie, Mexique et Allemagne.

 

L’évolution de la mode au Burundi

André Hakizimana, évoluant dans l’industrie de la mode depuis plusieurs années, jette un regard critique sur la mode au Burundi. D’après lui, le domaine de la mode est l’un des plus touchés par la crise de 2015. Avant, dès 2010-2012, la mode était développée. Les stylistes et mannequins de cette époque avaient atteint un niveau impressionnant. Mais avec la crise, explique le directeur de l’agence Umuringa, la plupart ont quitté le pays pour évoluer à l’étranger.

Les rares mannequins qui sont restés n’ont pas complètement croisé les bras. En 2016, l’agence Umuringa, qui avait suspendu ses activités, est revenue sur la scène de la mode à travers son évènement annuel « Um fashion night ».

Après, de nouvelles agences de mannequinat voient le jour. De nouvelles stylistes se lancent. La mode retrouve, petit à petit, son visage.

Du pain sur la planche…

M. Hakizimana estime, toutefois, que le pas franchi est loin d’être satisfaisant : « Il y en a qui nous traitent de fous, de poupées, de désœuvrés… Du coup, pas de soutien tant moral que matériel. » Et d’ajouter aussitôt : « Les gens devraient comprendre que la mode est un métier comme tant d’autres. Le Burundi dispose de modèles talentueux qui peuvent porter loin les couleurs du pays. »

Il déplore que les entreprises burundaises utilisent des modèles étrangers sur leurs panneaux publicitaires, alors que le Burundi dispose de très beaux mannequins.

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