Politique

«Jamais au Burundi, le renouvellement de la classe politique ne s’était fait sentir »

13/03/2019 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur «Jamais au Burundi, le renouvellement de la classe politique ne s’était fait sentir »
«Jamais au Burundi, le renouvellement de la classe politique ne s’était fait sentir »

Pour réveiller la conscience citoyenne par rapport aux différents défis qui hantent actuellement le pays, Parcem (Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités) vient de lancer la campagne «UKURI KU BIDUHANZE».

Faustin Ndikumana, vous êtes le Directeur National de Parcem. Pourquoi la Campagne «UKURI  KU BIDUHANZE”(Vérité sur les défis qui hantent notre pays ?

Depuis 2015, le Burundi est plongé dans une crise socio-économique qui a des répercussions sécuritaires pour avoir provoqué des centaines des milliers des refugiés. La situation des droits de l’Homme, les conditions de vie de la population se sont dégradées dangereusement. Le dialogue qui devrait permettre d’apaiser les esprits des uns et autres, de trouver des pistes de solutions pour que le pays retourne sur les rails a terminé en queue de poisson. Aujourd’hui, tout le monde se perd dans des conjectures quant à l’avenir du pays. Certains sont conquis par l’angoisse, le désespoir, le scepticisme, la démobilisation, d’autres sont conquis par la spéculation, la naïveté, le cynisme, le machiavélisme et l’hypocrisie.

Quel est le risque pour le pays?

C’est cet aveuglement de tout le monde devant les véritables défis qui minent notre société, qui, si rien n’est fait conduisent notre pays petit à petit dans l’abîme. Là où le bât blesse, c’est notre classe politique qui, au lieu d’éclairer la société sur les défis et leurs solutions, sombre dans l’obscurantisme légendaire.

Pour vous, il faut une nouvelle génération d’hommes politiques?

Jamais au Burundi, le renouvellement de la classe politique ne s’était fait sentir. Au lieu de regarder vers l’avenir pour construire un Burundi sûr pour tous et pour chacun, elle reste fascinée par un passé sombre et lourd dans laquelle la plupart de ses membres ont été des acteurs principaux. Cela se remarque dans les chicaneries politiques de bas étage qui ont actuellement pignon sur rue en son sein. Elle veut régner sur ce petit pays pauvre sans le gouverner réellement en affrontant les défis qui le hantent. C’est l’accessoire qui les hypnotise au moment où  le principal est relégué inconsciemment au second rang.

En effet, il lui a été impossible d’évoluer avec le temps. Voulant toujours nager à contre-courant ou ramer contre les vagues de l’Histoire, elle sera contrainte de disparaître pour laisser la place à une nouvelle génération.

D’après nos dirigeants, tout va pour le mieux?

Certains entretiennent le discours trompeur et alléchant que tout va bien. D’autres font des critiques sans proposer de solutions et d’alternatives. Le plus grave, c’est l’instrumentalisation et la manipulation de la jeunesse. Celle-ci,  perdue, sans modèle ni référence de valeurs, elle se trouve dans l’inertie totale alors qu’elle devrait être le pilier du redressement et de la renaissance nationale.

Vous peignez un tableau sombre du Burundi?

Le Burundi est actuellement comme un malade qui tend vers l’agonie et autour duquel ceux qui se disent des amis et proches tiennent une discussion incohérente. Certains refusent carrément que l’individu est malade et qu’il n’a pas besoin d’aller à l’hôpital mais plutôt qu’il peut aller même en compétition de course.

D’autres, même s’ils reconnaissent qu’il est malade, ils veulent le traiter symptomatiquement ou le transporter vers les guérisseurs charlatans sans beaucoup d’efforts pendant que d’autres sont inconscients par rapport au sort du malade.

Or, les jeunes gens qui devraient mobiliser leur force pour le transporter à l’hôpital sont désorientés et le malade continue de souffrir et de gémir. Il appartient à chaque burundais de faire son introspection pour constater dans quelle catégorie il se trouve.

Quel est l’objectif de votre campagne?

Cette campagne vise à réveiller la conscience citoyenne et l’éclairer sur les véritables défis qui hantent  notre pays dans tous les secteurs de la vie nationale à savoir l’économie, la gouvernance et les droits de l’homme afin d’inaugurer un véritable changement des mentalités et comportement préalable au redressement de la nation.  Elle va contribuer largement à remonter la qualité du débat politique pour que de ce débat jaillisse la lumière de solutions idoines. La campagne va permettre aux hommes intellectuels et honnêtes à refaire surface dans leurs contributions car leur place ayant été déjà occupée par les spéculateurs, les incompétents, les  malhonnêtes et les charlatans qui ont choisi les partis politiques comme leur bouclier protecteur.

Et pour la jeunesse?

La campagne fera découvrir à la jeunesse les véritables enjeux de leur avenir pour accroître leur discernement politique et partant éviter leur manipulation particulièrement dans cette période pré-électorale, de ne toujours pas penser que la communauté internationale elle seule pourra résoudre nos problèmes sans notre engagement et effort ou qu’elle est la source de nos problèmes.

Cette campagne permettra la naissance d’autres références de leaders comme le Prince Louis Rwagasore et Melchior Ndadaye. De plus, elle permettra aux successeurs potentiels de l’actuel président, quel que soit leur appartenance politique, de s’imprégner de ces défis, de les affronter à travers des projets de société bien conçues pour redresser le pays.

Quelle stratégie Parcem va-t-elle utiliser ?

L’action de la campagne sera centrée sur des messages forts sur les vrais défis à partir d’un travail d’observation, d’investigation, de recherche que continue de faire PARCEM à travers son service SEIDS (Service d’Ecoute, d’Investigation, de Dénonciation, et de Suivi).

PARCEM demande aux Burundais de contribuer dans cette campagne qui contribuera certainement à la renaissance de la société et de la Nation.

Qu’attendez-vous comme résultats?

Le peuple burundais se redécouvre, renforce sa cohésion, partage les enjeux de l’avenir, s’unit autour des solutions idoines dans un contexte de leadership fort, éclairé et visionnaire.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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