Économie

Grâce au PAIVA-B, l’apiculture devient plus rentable

07/10/2018 La Rédaction Commentaires fermés sur Grâce au PAIVA-B, l’apiculture devient plus rentable
Grâce au PAIVA-B, l’apiculture devient plus rentable
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Sous financement du FIDA, le Projet d’Appui à l’Intensification et à la Valorisation Agricoles du Burundi apporte des kits de protection, des ruches modernes, des extracteurs, des maturateurs pour les apiculteurs des provinces Bubanza et Cibitoke.

Un sentiment de joie et de plénitude se lisait sur les visages des apiculteurs de la zone Ruce en commune Rugazi de la province Bubanza. Regroupés dans la fédération communale des apiculteurs, ces derniers chantent les bienfaits de l’abeille. Cette fédération est composée de 332 membres. Elle dispose de 1150 ruches traditionnelles et de 125 ruches modernes distribuées par le PAIVA-B.

Jean Marie Nijimbere, président de cette fédération indique qu’elle est composée de 13 associations. Au départ, les apiculteurs pratiquaient l’élevage de l’abeille d’une manière traditionnelle. « Nos ruches étaient traditionnelles perchées dans des arbres ou fixées sur des branches imbriquées au sol ».

Par après, poursuit-il, le PAIVA-B nous a donné une formation en techniques modernes d’apiculture. Nous nous sommes regroupés en associations pour faire l’élevage des abeilles dans un grand terrain plus large. « Avant nous récoltions presque une tonne de miel ». Après la formation, ils peuvent avoir une récolte de 40 kg de miel par ruche. « Cela dépend de l’environnement et de l’emplacement de ces ruches ».

Au total, la fédération peut récolter entre 2 tonnes et 2,5 tonnes. « L’argent issu de la vente est utilisé pour subvenir aux besoins de la fédération et des familles ». Selon lui, ils commencent par identifier l’endroit où installer les ruches traditionnelles ou modernes un lieu où les abeilles ne seront pas dérangées et auront un accès facile à l’eau et à des fleurs. D’autres sont laissées en haut des arbres pour la même finalité. La récolte a lieu deux ou trois fois l’an en fonction des variations climatiques.

Jean Claude Nizigiyimana, président de la coopérative Turashoboye, une des coopératives de cette fédération indique que sa coopérative a été créée en février 2018. Avec 67 ruches traditionnelles et 6 ruches modernes, ils ont déjà produit plus de 2 tonnes de miel. « Nous avons déjà atteint une somme de plus de 3 millions de francs burundais».

De plus, l’apiculture a offert des revenus commerciaux significatifs et une forte valeur-ajoutée. Elle a fourni un revenu et a amélioré la sécurité alimentaire. Il évoque la fabrication de produits dérivés de l’apiculture. Notamment les bougies à base de la cire. Et de souligner qu’une bougie à base de la cire est résistante et peut-être utilisée durant 6 jours.

« L’environnement est protégé »

M. Nizigiyimana assure que dans la pratique de cet élevage, la protection de l’environnement devient spontanée. « On doit protéger la forêt et les plantes pour que l’abeille puisse avoir beaucoup de nectar de fleurs ».

Pour tisser les ruches, on est en collaboration avec ceux qui font l’huile de palme. Ils nous donnent des branches de palmiers. Cet élevage aide également à conserver la biodiversité et préserve l’habitat naturel. « En évitant l’abattage des arbres sur lesquels les abeilles viennent butiner et enclencher la procédure de pollinisation qui permet aux plantes de se reproduire ».

A quelques kilomètres de là, dans la zone Mitakataka de la colline Gahongore en commune Bubanza de la province Bubanza, un autre rucher provincial y est installé. Il appartient à la fédération des apicultures de Bubanza (FABU). Désire Nduwayezu, président de cette fédération affirme que c’est pendant la saison sèche qu’ils enregistrent une bonne production de miel. « Les abeilles sont plus à l’aise dans leur déplacement à la recherche du nectar ». Même cas dans la zone Musigati de la même commune, la fédération des apiculteurs compte 21 associations.

Dénis Nahimana, consultant du PAIVA-B en apiculture fait savoir que les résultats déjà enregistrés sont satisfaisants. « Au début, ils avaient des ruches traditionnelles et une production très néfaste. Il y a une amélioration de production au niveau quantitative et qualitative par rapport au début de la formation. Une ruche traditionnelle produit entre 5 et 7 kg alors qu’une ruche moderne produit entre 45 et 50 kg de miel par an. »

M. Nahimana soutient qu’au départ, le PAIVA-B a commencé la formation avec 10 associations. Chaque association devrait être représentée par 3 personnes dont 2 hommes et une femme. Ces derniers ont bénéficié d’une formation en techniques modernes d’apiculture. En outre, ce projet visait 3 objectifs. La protection de l’environnement, la sécurité alimentaire de la population et la création de l’emploi. « C’est une réussite pour nous », clame-t-il. Ce spécialiste en apiculture se réjouit qu’à la zone Mitakataka de la commune Bubanza dans la province Bubanza, les ruches d’appâts qui y sont, quand ils sont remplis d’abeilles, elles sont transportées vers la Kibira. « Pour ce, les apiculteurs sont devenus des protecteurs de la Kibira ».

De la ruche-tronc à la ruche à cadres

L’introduction de ruches modernes pour la production du miel a eu de multiples avantages. Cela demande des investissements à faible coût, une simplicité dans la fabrication et rend plus facile l’extraction du miel, car elle se fait par égouttage (pressage).

Toujours en bois, elles se constituent de caisses où sont installées des cadres mobiles. Ces derniers serviront aux abeilles pour la construction des rayons. Les ruches modernes facilitent plus le travail de l’apiculteur surtout lors des récoltes. « La quantité de miel à récolter a augmenté grâce aux équipements apicoles que nous avons reçus. Nous sommes très reconnaissants au PAIVA-B. Qu’il continue à appuyer tous ceux, qui comme nous, sont dans le besoin».

Le miel comme source de revenu

Une machine en train d’extraire le miel. (A cote des seaux
remplis de miel).

« Je me suis fait inscrire à cette formation parce que je voulais accroitre et diversifier mes revenus. Je suis très satisfait d’y avoir participé. Grâce à la commercialisation du miel, je peux désormais prendre en charge la scolarité de mes enfants », se réjouit Clément Nishwenuwonkijije, président de l’association Tugarukire ubworozi bw’inzuki. Cette association se situe à la colline Mikoni de la commune Bukinanyana en province Cibitoke.

Il soutient qu’ils ont une plus-value depuis le début de la formation. « Avant c’était presque impossible de subvenir aux besoins basiques de ma famille. Des fois, j’empruntais de l’argent à un ami. Mais aujourd’hui, je peux facilement avoir 500 mille francs burundais ».

Dans l’élevage traditionnel, je récoltais 2 kg de miel mais avec l’élevage moderne je récolte environ 15 kg sur une seule ruche. On vend une partie du miel récolté pour nous aider dans nos besoins financiers, l’autre partie on le consomme. « Mes enfants mangent régulièrement du miel, avec ses atouts médicinaux, ils ne souffrent plus de la grippe et de la toux ».

Il est clair, souligne-t-il, que l’association participe à l’amélioration du bien-être de la population. Notamment grâce aux revenus supplémentaires qu’elle lui permet de générer. Du coup, constate-t-il, les besoins familiaux sont parfaitement couverts. Aujourd’hui on récolte 3 à 4 fois par ans grâce aux machines adaptées. « J’ai déjà construit une maison en tôles alors qu’avant j’habitais une maison en pailles, je compte construire une autre d’ici peu ».

Une augmentation des ruches modernes, un renforcement des capacités les nouveaux membres des associations, des centres de collecte plus grande et plus adaptées pour le traitement et l’extraction du miel, d’autres kit de protection, la recherche d’autres marchés locaux et internationaux et d’autres partenaires pour l’écoulement du miel et de la cire. Entre autres la demande de ces apiculteurs au PAIVA-B.

Signalons que le projet s’étend sur 4 communes qui cadrent la forêt de la Kibira dont Rugazi, Mabayi, Musigati et Bukinanyana.

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