Politique

Droits de l’Homme/ Des sympathisants d’Amizero battus et arrêtés

10/09/2018 Christian Bigirimana Commentaires fermés sur Droits de l’Homme/ Des sympathisants d’Amizero battus et arrêtés
Droits de l’Homme/ Des sympathisants d’Amizero battus et arrêtés

Des membres d’Amizero ont été arrêtés au nord et au sud du pays, fin août dernier. Certains ont été libérés, cette semaine. L’administration et la police restent silencieuses.

La dernière vague d’arrestations remonte au 27 août dernier, sur la colline Gitaro en commune Kiremba de la province Ngozi (nord), suite à une attaque à la machette. Selon des sources sur place, un groupe composé d’Angelo Sabimbona, chef de la bande, Gervais Karenzo, chef adjoint, Dorothée Bigirimana, un certain Manirambona et Rafiki Habonimana, tous affiliés au Cndd-fdd, ont fait irruption dans un bar appartenant à Evariste Manirakiza.

Ce haut responsable de la coalition Amizero y’Abarundi et chef-adjoint collinaire était en train de partager un verre avec ses amis et quelques clients. « Ils étaient munis de gourdins et de machettes et ont commencé à frapper sur tout ce qui bougeait sans aucune autre forme de procès ».

Une bagarre éclate et plusieurs personnes sont blessées, dont Pierre Nkurikiye, touché à la tête et au dos, Remy Sindayigaya, Claver Miburo, Salvator Saguye, Jérôme Sinzoyihebura et le propriétaire Evariste Manirakiza. Le lendemain, poursuivent nos sources, certaines victimes ont dû fuir parce qu’elles étaient recherchées par la police. « Ce qui nous a étonné, c’est que seuls les sympathisants d’Amizero y’Abarundi étaient visés et personne du côté de la bande à machette ».

Interrogé, Ismaël Nsabiyukuri, conseiller social de l’administration communale, qui assure l’intérim au poste d’administrateur communal, indique ne pas être au courant de cette attaque à la machette : « Je n’ai pas été mis au courant et personne n’a, à ma connaissance, porté plainte. » Même son de cloche chez l’officier de la police judiciaire à Kiremba.

L’administration et la police pointées du doigt

Trois jours plus tard, le 30 août, la traque s’étend aux communes Nyamurenza et Gashikanwa. Sur place, huit membres d’Amizero y’Abarundi Agathon, dont plusieurs hauts responsables au niveau communal, sont arrêtés dans les deux communes. Il s’agit de Christian Citegetse, chef des sympathisants de la coalition Amizero en commune Gashikanwa, Jean Pierre Manirakiza qui préside les fidèles de cette coalition en commune Nyamurenza, Norbert Ciza, Augustin Mugisha et un certain Vincent, tous membres de ladite coalition. Ils sont incarcérés au cachot de la PJ de Nyamurenza dans la même soirée.

Contacté, un des proches de Christian Citegetse affirme sous anonymat qu’ils ont été appréhendés sur ordre de Dieudonné Niyonzima alias Matwi, administrateur de la commune Nyamurenza, et Rumbeti Hassan alias Kiroso, commissaire de la police communale. « Ce sont des policiers et des jeunes du parti au pouvoir qui les ont arrêtés et chacun d’entre eux a été arrêté à son domicile ».

Dès leur interpellation, ils ne sont ni auditionnés par un OPJ (officier de la police judiciaire) ni signifiés sur les charges qui pèsent contre eux. « Ils se murmuraient dans les coulisses qu’ils étaient accusés d’avoir tenu une réunion non autorisée par l’administration, alors que c’est faux ». Nos sources affirment qu’ils ont été libérés, mardi 4 septembre, sans aucune explication et priés de rentrer chez eux. Toutefois, ajoutent ces mêmes sources, ils ont peur d’une nouvelle arrestation parce qu’ils pensent que la première était liée à des mobiles politiques.

Crainte de nouvelles arrestations

Même son de cloche de la part d’une autorité provinciale sous anonymat qui affirme qu’il y aurait plusieurs mandats d’arrêt émis contre des fidèles à Agathon Rwasa. Il redoute que ces agissements ne perdurent « vu la manière dont les sympathisants d’Agathon Rwasa sont humiliés, séquestrés à longueur de journée. » Et d’appeler les administratifs et la police à mettre fin à ces agissements : « Les autorités disent que nous sommes dans un Etat de droit. Dans ce cas pourquoi arrêter des gens, les garder pendant des jours alors qu’ils n’ont commis aucun crime ? »
Iwacu a contacté Dieudonné Niyonzima alias Matwi, administrateur de la commune Nyamurenza, et Rumbeti Hassan alias Kiroso, commissaire de la police au niveau communal, sans succès.

En province Rumonge, nos sources signalent l’arrestation de Donatien Ntakarutimana, secrétaire à l’idéologie et propagande au sein des jeunes d’Amizero, le 29 août dernier, en zone Minago par des Imbonerakure. D’après les mêmes sources, il a ensuite été transféré, le lendemain, au cachot de Rumonge. Ses proches assurent qu’aucune charge ne pèse sur lui. « Nous pensons qu’il est victime de sa fidélité à Agathon Rwasa et au fait qu’il était très actif en faveur du « non » lors du dernier référendum ». Iwacu a contacté à plusieurs reprises Juvénal Bigirimana, gouverneur de Rumonge, sans succès.

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