Économie

Bubanza : Du charbon pour conserver les fruits

25/10/2018 Rénovat Ndabashinze Commentaires fermés sur Bubanza : Du charbon pour conserver les fruits
Bubanza : Du charbon pour conserver les fruits
Gloriose Mureranyana, en train d’arroser les murs du ‘’frigo naturel’’.

A Bubanza, Gloriose Mureranyana, une agricultrice installe de maisonnette en charbon pour conserver des denrées alimentaires facilement périssables. Et ce, pour réduire les pertes post-récoltes.

On la nomme ‘’frigo naturel’’ ou ‘’évaporateur de refroidissement’’, cette cabane maintient intact différents fruits, des légumes… pendant plusieurs semaines.

« Une technique importée d’ailleurs », affirme Gloriose Mureranyana, présidente de la fédération des acteurs sur la filière fruits de Bubanza. Elle a suivi une formation de dix jours sur cette technique. Cette dernière a été organisée par l’ONG Spark, récemment suspendue et d’origine hollandaise.

« Tout en collaborant avec cette organisation, j’ai mis en application les connaissances acquises.» Déjà, quatre évaporateurs de refroidissement existent: deux au chef-lieu de la province, deux autres installés respectivement à Musenyi et en commune Musigati.

« En cas de forte production, les producteurs des tomates, des pastèques, des oranges, … sont obligés d’écouler toute leur récolte à un prix très bas», s’indigne-t-elle.

Vue de loin, cette maisonnette n’a rien de particulier. Plus on s’approche d’elle, quelqu’un détail attire beaucoup d’attention. Un mur en charbon de bois, érigé avec des planches et une sorte de files. Elle est couverte d’un sachet noir sur lequel on ajoute des pailles. A l’intérieur, la base est cimentée. Le tout mesure 1,70 m de largeur, 2 m de longueur et 2,80 m de hauteur.

Pour la refroidir, Floriane Favie Kaneza, experte en conservation des fruits au sein de Spark indique qu’on utilise de l’eau. « On doit arroser les murs. Quand le charbon est bien arrosé, il diminue 12°c, à l’intérieur, par rapport à la température ambiante. » L’arrosage se fait au moins une fois par jour. A chaque site, deux ou trois personnes se chargent de cette tâche.

A ceux qui pensent que ces charbons peuvent être nuisibles à la santé, elle rétorque : « Les fruits sont rangés dans des cagettes et n’ont aucun contact avec les murs. »

L’arboriculture, son pari

Ces frigos naturels ne nécessitent pas d’électricité comme d’autres appareils frigorifiques. Le coût d’une seule maisonnette est de 2.600.000BIF, dont 20% provenant des coopératives des producteurs. Le reste provient de l’ONG Spark.

« Pour tester, nous y avons mis des pommes de terre. Trois semaines après, nous les avons retrouvé intactes. Les tomates y ont passé presque deux mois », raconte Mme Mureranyana, la trentaine, veuve et mère de deux enfants.
Son rêve est d’installer ces frigos dans toute la plaine de l’Imbo, propice aux fruits. « Nous savons très bien qu’à Cibitoke, Rumonge… les agriculteurs sont obligés de vendre à perte des oranges, des tomates, des mangues… parce qu’ils ne sont pas conservables.»

Mme Mureranyana possède beaucoup d’hectares d’ananas, des maracujas, etc. Ces maisonnettes de conservation ne lui suffisent pas : « Je pense déjà à installer une unité d’extraction du jus d’ananas.»

Sa passion pour les fruits remonte à l’enfance. « Quand j’étais petite, j’appréciais beaucoup les fruits, surtout les oranges et les ananas ». Plus tard, elle a observé que c’est un secteur négligé. Ainsi a débuté cette aventure à laquelle elle a associé des femmes de Bubanza.

Les producteurs poussent un ouf de soulagement

« C’était vraiment affligeant de voir nos fruits pourrir dans les champs alors que le coût de production est énorme», témoigne Joseph Bukera, de la commune Buganda, province Cibitoke.

Pour la saison précédente, il a déboursé plus de 100 mille BIF pour l’achat des semences, des produits phytosanitaires et le labour. Avec cette nouvelle technique de conservation, il espère que les pertes seront minimes. Il demande ainsi que ces maisonnettes soient rapidement construites dans sa commune.

Des tomates conservées dans l’‘’évaporateur de refroidissement’’ à Bubanza

Une technique salutaire, commente une vendeuse de fruits au marché de Bubanza. « J’étais parfois contrainte de jeter des tomates, des oranges dans les poubelles. Mais aujourd’hui, je paie un peu d’argent et je les conserve dans ces frigos »

Isabelle, une productrice des tomates à Musenyi, abonde dans le même sens : « Nous étions obligées de jeter ou de vendre à vil prix notre récolte. Avec ces maisonnettes, notre récolte pourra être conservée.» Cette femme espère qu’il n’y aura plus de pertes post-récoltes.

Une innovation réconfortante également pour l’administration. « C’est une bonne chose. Il arrivait des cas où les producteurs étaient condamnés à écouler des tomates, des pastèques à bas prix alors que le coût de production est énorme », affirme François Kazoviyo, administrateur communal de Bubanza.

Cet administratif rappelle que les provinces comme Bubanza et Cibitoke sont très propices aux fruits. Et suite au manque d’usine de transformation ou de techniques de conservation, les producteurs enregistraient des pertes énormes. « Un handicap pour la promotion de la femme. Ce sont les femmes, les jeunes filles qui sont très actives dans ce secteur».

« Il s’agit d’une technique artisanale », analyse un expert en arboriculture. S’exprimant sous anonymat, il estime que ce sont des initiatives à encourager. Néanmoins, il recommande de mener des recherches pour voir si cette technique n’a pas d’effets négatifs sur la santé.

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