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Kinindo : des appartements fantômes depuis 6 ans !

26/10/2020 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Kinindo : des appartements fantômes depuis 6 ans !
Kinindo : des appartements fantômes depuis 6 ans !
Les appartements de l’INSS, sis à Kinindo, viennent de passer 6 ans inoccupés.

Les bâtiments de l’INSS, sis dans la zone Kinindo, viennent de passer 6 ans sans être occupés. Au moment où les demandeurs s’impatientent, l’INSS évoque un « léger conflit » avec le maître d’œuvre.

Ces « jolis » bâtiments en étage, ne passent pas inaperçus au milieu du quartier « plus ou moins huppé » de Kinindo, à proximité du quartier OUA. Depuis plusieurs années, dans ces appartements, rien ne bouge tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. « Depuis 2014, nous les voyons comme ça. Finis, mais sans occupation », témoigne le voisinage.

Mercredi 7 octobre, vers 11 h, un homme plus ou moins âgé, en tenue de sport, se trouve à l’entrée de ces appartements appartenant à l’Institut national de sécurité sociale (INSS). Il discute, de l’extérieur à travers les grillages, avec deux jeunes hommes, probablement des gardiens.

Cet homme affirme qu’il cherche un appartement, depuis 2014. « Je passe souvent ici pour voir s’ils ne sont pas ouverts ». Depuis 6 ans, l’INSS dit qu’il y a encore de petits détails à régler. « Jusqu’aujourd’hui, nous attendons toujours », se plaint ce visiteur.

Il indique avoir entendu qu’ils vont être ouverts bientôt. « Mais nous n’y croirons que quand on l’aura vu car cela fait vraiment très longtemps. » Pour lui, ce n’est pas normal de laisser de tels appartements inoccupés durant toutes ces années. Ce qui indispose beaucoup les locataires, car avoir une maison devient un casse-tête à Bujumbura, selon lui.

Il indique que les demandeurs ont écrit une lettre de demande et de motivation à l’INSS. « Puis il faut juste faire le suivi pour se renseigner sur l’état d’avancement des travaux, c’est tout».

Une affaire de 800 millions de BIF en jeu

Le Directeur général de l’INSS, Emmanuel Miburo, affirme que la réception de ces appartements n’a pas encore eu lieu. Elle devait intervenir en 2014-2015, conformément au contrat avec le maître d’œuvre, l’entreprise Robuco. D’après le DG, le marché a été conclu en 2011.

Le Général major Miburo impute ce retard à un conflit entre l’INSS et l’entreprise de construction. D’après lui, cette entreprise a facturé des charges supplémentaires, soi-disant qu’elle a continué à entretenir les immeubles, à payer la sécurité et d’autres dépenses après le délai de réception convenu. Elle a donc demandé des frais additionnels, une somme de 800 millions de BIF.

« Mais l’INSS n’est pas d’accord. Il faut d’abord déterminer qui est responsable de ce retard de réception entre le maître d’ouvrage(INSS) et le maître d’œuvre. » Selon le DG, la loi prévoit 10 % de dédommagement sur le coût du projet pour le responsable du retard. Donc le coupable devra payer une somme de 800 millions BIF environ.

Il signale que la situation sécuritaire de 2015 a été un frein pour l’avancement des travaux. Et les compteurs d’eau et d’électricité de la Regideso ont beaucoup traîné. Ils ont été rendu disponibles début 2019.

Le Général major Miburo affirme que cette affaire est entre les mains de l’Autorité de régulation des marchés publics(ARMP). « Si la procédure traîne et que nous sommes obligés d’aller en justice, l’INSS va saisir de force les bâtiments, coûte que coûte, et les mettre en location pendant la procédure, pour ne pas perdre davantage. Mais nous sommes de bonne foi, j’espère que nous n’arriverons pas à ce stade.»

Quant au DG de la Robuco, Anatole Nzigamasabo, il évoque la mise en place de la cabine électrique que l’entreprise a dû installer alors que cela ne figurait pas dans le contrat. D’après lui, l’INSS a refusé de réceptionner les bâtiments sans ces compteurs. Ce qui a causé ce retard. « L’affaire est entre les mains de l’ARMP, nous espérons qu’elle va être réglée bientôt».

Ces immeubles, qui ont coûté plus de 8 milliards de BIF, comptent 60 appartements. Le coût de location est de 250 et 350 mille BIF par mois.

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